Le Seikanron: Le débat politique de 1873 contre la Corée?

Le Seikanron:

Le Seikanron

Le Seikanron est un débat politique majeur au Japon en 1873. Il concerne une expédition punitive contre la Corée. Le débat divise le gouvernement Meiji et la coalition établie contre le Bakufu. Mais la décision finale fut de ne pas envoyer d’expédition militaire en Corée.

Un peu plus d’histoire: 

Le Seikanron

Après la restauration de Meiji et le renversement du Shogunat en 1868, le nouveau gouvernement Meiji débuta des réformes pour centraliser et moderniser le Japon. Le camp impérial n’a pas poursuivi son objectif de rejeter les intérêts étrangers. Au contraire, il a adhéré au traité signé durant la période du Bakumatsu. Le but étant amélioré et ainsi continuer les réformes débutés sous le pouvoir des Shoguns. Pour ce qui est des affaires étrangères, le gouvernement à décider d’établir un bureau des affaires étrangères pour s’occuper des relations externes du Japon.

Même si le Shogunat a été battu, l’Ouetsu Reppan Domei (une alliance des domaines du nord) continue de résister au nouveau gouvernement. Enomoto Takeaki, un officier de la marine des shoguns, a pris le contrôle de huit des meilleurs navires de guerre de la marine shogun. Il a ensuite rejoint l’alliance au nord-est. Après la défaite du Ouetsu Reppan Domei, il s’est enfuit plus au nord vers Hokkaido. Il y occupera la ville de Hakodate et créera la République d’Ezo.

Arrêt des rebelles ?

Printemps 1869, le gouvernement central commence les opérations contre le dernier groupe opposant militaire. May 1869, les forces des opposants se rendent. Enomoto Takeaki refuse de se rendre. Il s’enfuit à Hokkaido avec une grande partie des meilleurs navires de guerre des Tokugawa. Le gouvernement n’ayant pas assez de force, marine en particulier, pour vaincre Enomoto seul à du compter sur l’assistance militaire impériale. Même si les rebelles d’Hokkaido se sont rendus, le gouvernement a montré qu’il avait besoin d’un gouvernement centralisé plus fort.

Les relations  avec la Corée:

Pendant la période d’Edo, les relations et le commerce avec la Corée étaient menées via l’intermédiaire de la famille SO àTsushima. Un avant-poste japonais, le Waegwan était autorisé à être maintenus à Tongnae près de Busan. Les commerçants devaient rester à l’avant-poste et aucun japonais n’était autorisé à voyager jusqu’à la capitale, Séoul. Le bureau des affaires étrangères (japonais) voulait changer ces arrangements et les moderniser à des arrangements d’états à états.

Le Seikanron

Un membre des Daimyo So, informe les autorités Coréennes à la fin de l’année 1868, qu’un nouveau gouvernement à était établi et qu’un émissaire leur sera envoyé du Japon. En 1869, l’émissaire du gouvernement Meiji arrive au Japon avec une lettre. Celle-ci demander d’instaurer une mission de bienveillance entre les deux pays. La lettre contenait le sceau du gouvernement Meiji et non celle autorisée par la Corée pour la famille So.

De plus, l’emploi du caractère Ko (皇) avait été employé à la place du Taikun (大君) pour parler de l’empereur japonais. En Corée, le Ko était utilisé seulement pour parler de l’empereur de Chine ou de Corée. Il implique une supériorité cérémonielle au monarque Coréen. Ce qui fait du monarque Coréen un vassal ou un sujet du chef d’état japonais. Alors que les Japonais réagissaient seulement au changement politique ou le shogun était remplacé par l’empereur. Les coréens ont refusé de recevoir l’émissaire, ils sont restés dans un système ou la Chine est au centre des relations entre les états.

 Réformes au Japon: 

Même si le côté impérial avait gagné contre le Bakufu, le gouvernement Meiji était encore faible. Les forces militaires étaient essentielles pour les besoins du gouvernement. La division politique (domaine féodal, relation de maître/servant, samouraï, etc.) était un vrai obstacle pour la centralisation. Mais la coopération de tous lors des campagnes contre le Bafuku a permis de créer une amitié entre les membres de différent domaines. Janvier 1896, 4 des domaines du sud-ouest, Satsuma, Choshu, Tosha et Hizen ont soumis une pétition au gouvernement. Ils voulaient récupérer les “droits” sur leurs territoires.

La cour accepte enfin de le faire le 25 juillet 1869. Les Daimyo sont de nouveau nommés gouverneur de leurs territoires, mais n’ont plus le privilège de la succession héréditaire. En contre parti, ils peuvent garder 10 % des taxes sur les revenus des dépenses liées au foyer. En tant que gouverneur, les Daimyo avaient le droit de recruter des subordonnés, mais seulement s’ils correspondent aux critères demander par le gouvernement central. Le retour de registre était une première étape vers la centralisation et l’unification du Japon. Les Daimyo conservaient toujours leur autorité, cependant, ils ne gouvernaient plus pour eux-mêmes, mais pour le gouvernement en tant qu’officier nationaux.

 Le retour des Daijokan : 

Le Seikanron

Une des réformes établies lors de cette période était une institution exécutive plus imposante qui avaient déjà existé, appelé Daijokan. Le Daijokan était dirigé par le ministère des affaires suprêmes. Sous le Daijokan, il y avait six départements ou ministre. Celui des affaires civiles (Mimbusho), les finances (Okurasho), de la guerre (Hyobusho), de la justice (Kyobusho), de la maison impériale (Kunaisho) et enfin celui des affaires étrangères (Gaimusho). Ils étaient souvent dirigés par les princes, les nobles ou les Daimyo, même si en général, c’était des députés Samouraï qui en avait un véritable contrôle.

Par la suite, une nouvelle réforme rassembla les nobles de la cour (kuge) et les Daimyo sous un seul et même titre de noblesse appelé Kazoku. Cette réforme divise aussi les Samouraï en deux catégories : les fantassins (Sotsu) et la bourgeoisie (Shizoku). Cette réforme remplace la multiplicité des rangs et change les traitements héréditaires.

La politique Meiji et les Samouraï :

Les domaines de Satsuma, Choshu, Tosa et Hizen étaient le pilliez du régime Meiji. Ils donnent au gouvernement son pouvoir, son autorité et son argent. Il y avait souvent des désaccords avec les anciens des domaines. De sérieuses divisions commençaient à apparaître dans la coalition. Les réformes menées par le gouvernement comme celle de l’abolition des domaines a créé de la rancoeur.

De plus, Saigo Takamori et ses sympathisants insistent pour que le Japon attaque la Corée. Celle-ci a refusée de reconnaître la légitimité de l’Empereur comme chef de l’Empire japonais. La Corée a également infligé un traitement insultant à l’émissaire chargé d’établir un commerce et des relations diplomatiques avec elles. Le parti pour la guerre, voyait le problème de la Corée comme une opportunité pour trouver un travail aux milliers de Samouraïs qui avaient perdu leur revenu et leur statut social lors du nouvel ordre social et économique de Meiji. Ces Samouraï étaient une menace pour le gouvernement, mais en tant que Samouraï Saigo compatissait avec leurs situations.

Deux visions: 

Le SeikanronD’après l’orthodoxie, Saigo aurait affirmé être prêt à aller en Corée lui-même pour l’expédition punitive contre celle-ci. Mais cette affirmation n’était qu’une tentative de convaincre Itagaki Taisuke. Même si, il affirmait que l’expédition en Corée était destinée à rapporter un revenu au Samouraï sans emploi. Saigo ne s’est pas opposé à Inoue-Yoshida lors de l’abolition du salaire des Samouraïs. C’est pourquoi, sa condamnation contre la Corée en 1871 suggère que Saigo voulait probablement une relation ferme avec la Corée. Les leaders japonais se sont fermement opposés à cette idée. D’abord, pour des raisons budgétaires. Puis, dû au fait que le Japon est faible par rapport aux autres pays de l’ouest.

Tandis que les historiens orthodoxes voient ce débat comme un débat sur si oui ou non, il faut envahir la Corée. Les supporter eux affirment que le parti Iwakura n’a jamais été en désaccord avec la validité d’une attaque. Les révisionnistes voient le Seikanron non comme un débat sur s’il faut envahir ou non la Corée, mais plus sur quand et comment le faire. Dans son texte “Le document des 7 points” datant d’octobre 1873, Toshimichi Okubo cite point par point les arguments contre l’invasion. Il explique qu’une action contre la Corée aurait été prématurée parce que le Japon était en pleine modernisation et que cette invasion aurait été bien trop cher pour eux.

En Conclusion:

La vision des choses d’Okubo était soutenue par le parti anti-guerre. (composé de ceux qui revenaient de la mission Iwakura). Iwakura convainc l’empereur d’annuler sa décision d’envoyer Saigo comme émissaire en Corée, mettant ainsi fin au débat.

Après que la décision de ne pas envahir ni punir la Corée fut annoncée, beaucoup de ceux qui voulaient faire la guerre, ainsi que Saigo et Itagaki décidèrent de quitter leur poste au sein du gouvernement en signe de protestation. Saigo rentre à Kagoshima, même s’il n’a jamais vraiment quitté son rôle en tant que garde du palais. Beaucoup d’historiens, pensent que cette division politique préparera le terrain pour la rébellion Saga de 1874 et la rébellion de Satsuma en 1877. Itagaki en revanche, s’allia avec les Aikoku Koto, un parti politique libérale. Il se rebellera ainsi contre les Iwakura par des moyens légaux.

 

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Facebook
Facebook
INSTAGRAM