Oct 20

La légende de Meng Jiangnü: La femme de Qi Liang

La légende de Meng Jiangnü:

Légende

(photo: si vous connaissez l’illustrateur de l’image dite le moi, je n’ai pas réussi à le trouver.) 

Meng Jiangnü est le nom de l’héroïne d’une légende chinoise (qui a subi beaucoup de variations). Cette légende est considérée comme l’un des quatre grands folklores de Chine. Les autres étant: La légende du serpent blanc, La Romance de Liang Shanbo et Zhu Yingtai et enfin Le Bouvier et la tisserande.

On a découvert dans les années 20 que la légende avait déjà existé sous différentes formes auparavant.

La section de la muraille de Chine dont parle la légende est aujourd’hui celle de Zibo dans la province du Shandong. Le temple de Meng Jiang date de la dynastie Song, mais fut reconstruite en 1549 durant la dynastie des Ming dans la province d’Hebei. Le temple existe toujours pour les curieux. Jiang était le nom de famille du dirigeant et de la noblesse. Meng veut seulement dire “l’aînée”.

L’histoire en bref :

La légende se déroule sous la dynastie des Qin lors de la construction de la grande muraille de Chine. L’un des ouvriers qui participait à cette construction meurt d’épuisement. Son corps est donc utilisé comme remblai dans la muraille. (Oui en mode normal!) Sa femme, n’étant pas au courant de sa mort, est en chemin pour lui ramener des vêtements chauds pour l’hiver. Arrivé sur les lieux, on lui apprend la mort de son Mari. La jeune femme est tellement désespérée et attristé que le ciel tremble et fait s’écrouler la muraille. L’endroit où se trouve le corps de son mari s’écroule donc. Et la jeune femme finit par mourir peu après.

vous pouvez bien sûr retrouver l’histoire en entier : comment ils se rencontrent, leur mariage, leur vie et tous les événements jusqu’à la mort des deux personnages. Le savant Wilt Idema a publié dix versions de cette légende.

Entrons plus dans le détail :

Même si la légende prend place lors de la dynastie de Qin, l’origine de cette histoire repose dans une simple anecdote. Celle de Zuozhuan dans ce que l’on appelle “la période des printemps et automnes”. L’histoire raconte qu’après la mort d’un guerrier de l’état de QI, appelé QI Liang fit tuer lors d’une bataille ; son seigneur Duke Zhuang, rencontra sa femme sur la route et envoya une de ses servantes lui adresser ses condoléances. La femme du guerrier répondit qu’elle ne recevrait pas ces condoléances sur la route. Duke Zhuang alla lui rendre visite chez elle et reparti quand une cérémonie propre avait été donné.

Dans une autre version, Liu Xiang raconte l’anecdote dans son ouvrage “biographie de femme exemplaire”. Dans cette version, la femme n’a pas de nom, on l’appelle “femme de QI Liang”. Elle n’a ni famille, ni enfants, elle passe donc ses journées à pleurer la mort de son mari en bas du mur et dix jours plus tard le mur s’est effondré. Après les funérailles de son mari, elle dit : n’ayant pas de père, ni de mari, ni de fils, je peux à mon tour mourir.

 Lady Meng:

Ce n’est que lors de la dynastie des Tang que l’on l’appellera lady Meng. Les souffrances de la dynastie tang et les souvenirs de la construction du mur furent mélanger et créèrent une nouvelle histoire pour Lady Meng. Dans cette nouvelle version, QI Liang, survit à la construction du mur et rentre dans le jardin de la famille des Meng pour se cacher. Il y voit une jeune femme en train de prendre sa douche, elle lui demande alors de l’épouser. Celui-ci refuse, lui expliquant qu’une fille de si haut rang ne peut épouser quelqu’un d’aussi bas que lui. Ce à quoi elle répond que le corps d’une femme ne peut être vu que par un seul homme. Dans une seconde version, les deux jeunes font l’amour avant d’aller voir les parents de la jeune femme.

Vous l’aurez compris, il existe des milliards de versions pour cette même légende !

Ce que je peux ajouter, c’est que :

L’ethnologue Gu Jiegang a mené une importante recherche sur cette légende dans le début des années vingt. Cette recherche fut basée sur l’étude des textes et elle a permis de faire de cette histoire l’une des plus grandes légendes chinoise des années 1920. Elle est représentative de l’esprit confucéen durant la révolution culturelle. La légende a eu quelque “bas “, car l’opposition de Meng à l’empereur Qin Shi Huang n’a pas été très bien perçu, car il détient aujourd’hui un rôle d’unificateur de la Chine. De plus, Mao Zedong s’est personnellement identifié à cet empereur. Mais en 2006, les autorités ont de nouveau placé cette légende comme éléments appartenant au patrimoine culturel immatériel de la nation.

En 1945, elle sera mise sous forme d’opéra appelé la grande muraille (The Great Wall) par Aaron Avshalomov. Cette adaptation sera considérée comme le premier opéra chinois de style occidental.

 

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